Faire passer le test

Contribuer à l'étalonnage de MathEval

En synthèse

MathEval s'appuie sur un échantillon encore modeste : les tables d'étalonnage en service sont calculées sur 62 à 67 enfants selon l'épreuve, une même cohorte suivie de la 3ème maternelle (2011) à la 2ème primaire (2013) — voir la page Étalonnages. Si vous pouvez faire passer le test à une classe entière, dans une école ordinaire, vos résultats peuvent contribuer à l'élargir — à condition de suivre quelques règles simples pour rester comparables aux données déjà récoltées. C'est ce protocole, et la façon de me transmettre vos résultats, que cette page détaille. La version en ligne du test remplit d'ailleurs elle-même, passation après passation, le fichier anonyme à m'envoyer : il n'y a rien à recopier ni à mettre en forme.

On pourrait parler d'une démarche participative : plus les échantillons rassemblés dans des conditions comparables sont grands, plus les normes, les corrélations et les analyses statistiques présentées sur ce site gagnent en fiabilité. Ce qui compte n'est pas le nombre de passations mais la façon dont les enfants ont été choisis : une classe entière, sans sélection. Des passations isolées, faites en consultation avec des enfants adressés pour une difficulté, ne peuvent pas entrer dans des normes — elles décriraient les enfants qui consultent, pas ceux d'une classe.

Protocole de passation

1. Période de passation

Les normes en service viennent d'enfants testés en fin d'année scolaire, entre fin avril et mi-juin (l'étude 2011) : c'est la période de référence, et celle à préférer pour rester comparable. Tester à un autre moment de l'année reste possible et utile : la date de chaque passation est dans le fichier de scores, et le programme d'étalonnage range chaque passation dans sa période — début d'année, milieu d'année, printemps, fin d'année —, calcule les normes de référence sur la fin d'année et, pour les autres périodes, des normes séparées dès qu'elles sont assez nombreuses, comparées à la fin d'année. Dans tous les cas, testez une classe sur une période resserrée, quelques semaines au plus, plutôt qu'étalée sur des mois.

2. Composition de l'échantillon

Les enfants sont ceux d'une ou de plusieurs classes ordinaires, testés sans sélection — tous les enfants de la classe, ou tous ceux dont les parents ont donné leur accord. Enregistrez le sexe de chaque enfant : cette information s'est révélée nécessaire pour plusieurs analyses (voir Différences filles/garçons). Un échantillon d'une trentaine d'enfants au minimum est souhaitable pour que les analyses statistiques restent interprétables — en dessous, une classe complète reste utile, combinée à d'autres classes testées dans les mêmes conditions.

3. Appréciation de l'enseignant

Demandez à l'enseignant de classer les enfants de sa classe en trois groupes — faible / moyen / fort — sur la base de son jugement global de l'enfant (pas seulement en mathématique : voir pourquoi sur la page Analyses statistiques), sans lui imposer de pourcentage a priori.

À titre de repère seulement : dans les échantillons déjà récoltés (écoles plutôt fortes), les groupes faible et fort représentaient chacun entre 10% et 20% des enfants, le reste étant classé moyen. Ce n'est pas une norme à respecter — une école ou une classe globalement plus faible peut tout à fait produire une proportion différente, sans que cela ne remette en cause la validité du classement. Une répartition très éloignée de cette fourchette (par exemple 50% d'enfants jugés « faibles ») vaut cependant la peine d'être rediscutée avec l'enseignant, pour vérifier que la consigne a bien été comprise.

4. Passation standardisée

MathEval fonctionne directement dans le navigateur, sans rien installer. Un bouton « Annuler la dernière réponse » permet de revenir sur un clic malencontreux : utilisez-le, car une réponse cotée par erreur fausse le score et rend la passation inutilisable pour l'étalonnage. Il ne revient que d'un seul cran — si l'erreur est plus ancienne, mieux vaut signaler la passation comme douteuse lors de l'envoi.

5. Récupérer vos résultats

Le site du test s'organise par ce que l'on veut faire : son menu propose Évaluer un enfant — la fiche complète, le rapport à la fin, rien n'est écrit dans un fichier — et Tester des classes pour l'étalonnage. Par cette seconde porte, le test tient pour vous un fichier de scores anonyme — une ligne par enfant testé, avec la date, le niveau scolaire, la classe, le sexe et le score brut de chaque sous-test, jamais le nom ni le prénom, qui n'apparaissent que dans le rapport individuel. Le fichier se choisit une fois et reste en place d'une passation à l'autre ; un seul fichier suffit pour toute une école, quel que soit l'ordre des classes. C'est ce seul fichier, qui s'enrichit de passation en passation, qu'il faudra me transmettre.

La marche à suivre pas à pas — le réglage à faire une fois, la fiche réduite pour tester plusieurs enfants l'un après l'autre, ce qui se passe à la fin de chaque passation, comment ressortir un rapport des jours ou des semaines plus tard — est dans le guide de l'étalonnage.

6. Tests complémentaires (facultatif, mais bienvenu)

Si vous faites également passer le test CMC (calcul mental collectif) et/ou un test de dépistage en 3ème maternelle (le test d'Inizan a servi de référence jusqu'ici, mais tout test comparable et plus récent m'intéresse tout autant — n'hésitez pas à me signaler ce que vous utilisez), transmettez-moi également ces résultats bruts, sous-test par sous-test. Ce sont ces comparaisons croisées qui permettent le plus de nouvelles analyses (voir par exemple la page 2010).

Dans la version en ligne, ces scores — l'appréciation de l'enseignant (le classement faible / moyen / fort de l'étape 3), le score CMC et celui d'un autre test de 3ème maternelle — s'ajoutent à la ligne de l'enfant sur l'écran de fin de passation, juste après le test (voir le guide) : rien d'autre à mettre en forme de votre côté.

7. Informations à joindre

  • la période de passation (mois/année) ;
  • la ou les classes concernées (niveau scolaire) et le nombre d'enfants ;
  • l'école, si possible — elle restera anonymisée dans toute analyse publiée ;
  • votre nom ou celui du testeur, pour toute question de suivi.

8. Protection des données

Le fichier de scores de la version en ligne ne contient, par construction, ni nom ni prénom : seulement la mention de qui fait passer le test, la date, la classe, le sexe, les scores, et deux colonnes sans aucune donnée d'identité — le journal des questions posées et la passation entière, qui sert à ressortir le rapport plus tard. Rien n'est transmis automatiquement — le fichier reste sur votre ordinateur aussi longtemps que vous ne me l'envoyez pas vous-même. La seule chose que le test envoie, à la fin de chaque passation, est un simple comptage anonyme (« une passation de plus »), sans aucun score ni aucune donnée sur l'enfant, qui me permet de savoir combien de fois le test est utilisé.

Si vous me transmettez d'autres fichiers (résultats de tests complémentaires, par exemple), remplacez-y les noms des enfants par un simple code (numéro, initiales) qui vous permette de les retrouver de votre côté si nécessaire. Seules des données agrégées (moyennes, corrélations, pourcentages) seront jamais publiées sur ce site.

9. Me transmettre vos résultats

Utilisez le formulaire de la page Contact pour me prévenir et convenir d'un moyen d'envoi — le fichier est de toute façon minuscule, même après plusieurs dizaines de passations. Aucune mise en forme n'est à prévoir : le fichier produit par la version en ligne est déjà structuré colonne par colonne, tests complémentaires compris.

Des sujets de mémoire pour les étudiants

Au-delà des contributions ponctuelles de praticiens, les mémoires de fin d'études en orthophonie, en psychologie ou en sciences de l'éducation pourraient constituer une source de données plus substantielle — un étudiant a besoin d'un terrain de recherche, et un protocole de passation standardisé comme celui-ci s'y prête bien. L'instrument existe et fonctionne : l'étudiant n'a rien à construire, le test est en ligne, utilisable sur n'importe quel ordinateur, et le fichier de scores qu'il produit est directement exploitable. Cette proposition a été adressée à plusieurs facultés d'orthophonie et de psychologie. Les questions ci-dessous sont celles que je leur ai soumises, à titre d'exemples : elles sont volontairement précises pour montrer ce qu'on peut faire de l'instrument, pas pour dire ce qu'il faudrait en faire. Un étalonnage n'est pas en soi une question de recherche, et la plupart de ces sujets ne portent pas sur lui.

  1. Les portes du test sont-elles justifiées ? MathEval décide, d'après un résultat, de ne pas poser certaines épreuves : un enfant dont la comptine s'arrête avant 6 ne fait pas les manipulations de la chaîne numérique et le calcul mental lui est déclaré non testable ; un enfant qui ne compte pas au-delà de neuf s'arrête après la quantification ; sans comptine jusqu'à 15, les comptages par 2, 5 et 10 ne sont pas posés ; un effondrement en additions concrètes met fin au test ; sans lecture des nombres à deux chiffres, la numération décimale n'est pas posée ; en 2e primaire, un enfant qui dénombre dix-neuf ronds d'emblée est crédité de tout le dénombrement (principes de Gelman compris) sans que ces épreuves lui soient posées. Ces six règles sont des hypothèses — l'épreuve d'après serait échouée de toute façon —, et elles n'ont jamais été vérifiées. Le test le permet maintenant, en mode portes ouvertes — le bouton ci-dessous l'ouvre : les épreuves d'après sont posées quand même ; le rapport dit, porte par porte, ce que le test ordinaire aurait décidé et ce que l'enfant a obtenu au-delà ; le fichier de scores porte une colonne « portes ». C'est une étude, pas une évaluation : la fiche est réduite (fichier de scores, classe, enfant numéroté, sexe), chaque passation s'enregistre d'elle-même dans le fichier de scores — à choisir une fois —, et le rapport s'affiche seul à la fin. Le réglage du fichier et la fin de passation sont décrits dans le guide de l'étalonnage. L'analyse est directe : parmi les enfants qui butent sur une porte, combien réussissent quelque chose derrière ? Une passation par enfant suffit ; elle dure un quart d'heure de plus pour ceux qui butent sur une porte. Les mêmes données répondent à une seconde question : deux enfants ne suivent presque jamais le même parcours, et leurs scores ne sont comparables que si les items s'emboîtent — un enfant qui réussit un item difficile réussirait les plus faciles ; on compte les cas où cette hiérarchie est prise en défaut. L'argument, et ce qu'il laisse ouvert, est exposé sur la page Portée et limites.
  2. Le test couvre-t-il ce que les modèles décrivent ? Chaque épreuve opérationnalise des concepts développés par ces auteurs. Pour la chaîne numérique et le dénombrement, l'opérationnalisation est directe : les stades de Fuson, Richards et Briars et les principes de Gelman et Gallistel sont exactement ce que les épreuves mesurent. Le sens des nombres est plus discutable : deux épreuves — comparer deux nombres, situer un nombre sur une ligne — pour le code analogique du modèle du triple code de Dehaene ; d'autres épreuves devraient peut-être s'y ajouter, et la théorie a bougé depuis 2010. Un travail critique sur ce que ces épreuves mesurent réellement, sur ce qui manque et sur ce qu'il faudrait changer m'intéresserait autant qu'une validation — et je modifierais le test en conséquence.
  3. Que valent les cinq épreuves ajoutées ? Le nombre juste avant et juste après, les compléments à dix et les trois épreuves de numération décimale sont posés et cotés, sans normes ni validation d'aucune sorte.
  4. L'étalonnage, sur un échantillon plus large et mieux caractérisé, éventuellement adossé à une comparaison avec un outil de référence. C'est le plus lourd et le moins original, mais c'est celui dont les autres finissent par dépendre. Les normes actuelles sont belges : un étalonnage français, québécois ou suisse n'existe pas, et c'est en soi une question.
  5. Un sujet plus large, où MathEval n'est plus le sujet. Le dépistage des troubles du nombre entre cinq et huit ans, les outils francophones disponibles et ce que chacun mesure réellement forment un sujet en soi — Lafay et Cattini en ont recensé vingt-deux, et leurs différences de conception sont instructives. MathEval y serait un instrument parmi d'autres, avec l'avantage matériel d'être gratuit, complet et ouvert : l'étudiant peut le faire passer à de vrais enfants, en lire le rapport, en discuter les choix, sans acheter de matériel ni demander d'autorisation.

Cette liste est loin d'être complète, et toute idée est la bienvenue — une question à laquelle je n'ai pas pensé, une critique du test, un usage que je n'imagine pas : je propose du matériel et un interlocuteur, pas un cahier des charges. La clause de non-dérivation de la licence n'entrave pas ce travail — j'en donne l'autorisation à qui l'entreprend, y compris pour une version modifiée du test si le protocole l'exige. Un étudiant qui envisage l'un de ces sujets peut m'écrire par la page Contact.