La dyscalculie

Vers qui se tourner

En synthèse

Quand les difficultés d'un enfant résistent à ce que l'école peut faire, la suite se joue en dehors de la classe. Cette page décrit qui intervient alors, dans quel ordre, et ce qu'on peut attendre de chacun — en Belgique et en France, dont les organisations diffèrent.

L'enseignant, d'abord

Dans la plupart des cas, l'alerte ne vient pas des parents : c'est l'école qui signale la difficulté, parfois par l'intermédiaire du centre PMS. Quand ce sont les parents qui s'inquiètent, la première personne à qui en parler reste l'enseignant. C'est lui qui voit l'enfant travailler chaque jour, et qui dispose du seul point de comparaison immédiat : les autres enfants de la classe.

Cet ordre n'est pas une formalité. Un centre PMS sollicité par des parents commencera lui-même par demander à l'enseignant ce qu'il observe ; si celui-ci ne constate pas de difficulté, la démarche s'arrête généralement là, et il est rare que des parents contestent un enseignant qui les rassure.

La question se pose donc surtout dans l'autre sens : l'enseignant a signalé des difficultés en mathématique, et les parents se demandent quoi faire ensuite. Il arrive aussi qu'un enseignant signale la difficulté sans penser à orienter vers le centre PMS ; c'est alors aux parents de faire le pas.

À quel moment on sort du cadre de la classe

Tant qu'une difficulté cède à une attention particulière, elle relève de l'enseignant. C'est lorsqu'elle résiste — malgré une pédagogie adaptée, appliquée sérieusement pendant plusieurs semaines — qu'un examen individuel devient utile. La question devient alors : à qui s'adresser.

Un dépistage normé ajoute deux éléments à l'observation de l'enseignant : la position de l'enfant par rapport aux enfants de son âge, et le détail des domaines concernés — le transcodage peut se situer très bas alors que le calcul mental reste dans la moyenne, ou l'inverse. Ce niveau de détail oriente l'examen qui suivra.

Le centre PMS, en Belgique

C'est vers lui que la démarche se poursuit : le service est gratuit, il connaît l'école et travaille déjà avec elle. La brochure de la Fédération Wallonie-Bruxelles décrit son rôle : « conseiller des mises au point, orienter les demandes d'examens et les traduire en termes exploitables par l'équipe éducative ». C'est avec les parents que le centre décide s'il y a lieu de poursuivre, et le diagnostic proprement dit relève ensuite d'un logopède, d'un neuropsychologue, parfois d'un neuropédiatre.

Ce que le centre fait lui-même, en revanche, varie beaucoup de l'un à l'autre. Certains conduisent le bilan sur place, aussi bien intellectuel que cognitif. D'autres s'en tiennent à un rôle de première ligne : recevoir la demande, la replacer dans l'ensemble de la situation de l'enfant, et orienter vers un professionnel extérieur. Les deux façons de faire sont défendables, mais elles ne mènent pas au même délai ni au même interlocuteur.

Ce n'est pas une question de moyens — ils sont identiques d'un centre à l'autre, pour un même nombre d'élèves. Deux choses entrent en jeu. Les priorités d'abord : chaque centre les fixe dans son projet de centre, qui définit ce sur quoi il concentre son travail. La formation ensuite, qui varie d'un membre de l'équipe à l'autre : l'étude approfondie des troubles d'apprentissage n'appartient qu'à certaines orientations des cursus de psychologie, et ne fait partie du bagage obligatoire d'aucune. Deux familles peuvent donc être accompagnées très différemment selon le centre dont dépend leur école.

Si le centre PMS ne répond pas à la demande, d'autres voies existent. Pour des difficultés en mathématique, le neuropsychologue est la référence : son bilan porte sur les fonctions cognitives en jeu, et il regarde l'enfant dans son ensemble — s'il estime qu'un autre professionnel doit intervenir, il le dira aux parents. Un logopède (orthophoniste) peut également être consulté. Les parents peuvent s'adresser directement à l'un comme à l'autre, sans passer par l'école.

MathEval est fait pour cette étape-là, quel que soit celui qui la conduit : le centre PMS qui mène lui-même le dépistage, ou le praticien que les parents consultent. Une passation d'un quart d'heure à vingt minutes tient dans un premier rendez-vous, là où un bilan complet demande plusieurs séances. Sur cette durée, le test couvre la chaîne numérique, la quantification, le sens des nombres, le transcodage et le calcul mental avec ses quatre niveaux de représentation, et produit un rapport rédigé.

En France, l'organisation est différente. Il n'existe pas d'équivalent du centre PMS. L'enseignant qui constate une difficulté durable en parle à sa direction et peut solliciter le RASED (réseau d'aides spécialisées aux élèves en difficulté), composé d'enseignants spécialisés et de psychologues de l'Éducation nationale, qui intervient à l'école maternelle et élémentaire.

Côté dispositifs, le PPRE (programme personnalisé de réussite éducative) constitue la première réponse aux difficultés scolaires. Lorsque celles-ci sont durables et découlent d'un trouble des apprentissages, un PAP (plan d'accompagnement personnalisé) peut être mis en place après avis du médecin de l'Éducation nationale ; il remplace alors le PPRE. La prise en charge des troubles du calcul relève ensuite de l'orthophoniste, sur prescription médicale, et du neuropsychologue pour le bilan.

Sources : Les réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased) ; Le plan d'accompagnement personnalisé (circulaire n° 2015-016).

Sur quelles bases travaille le praticien consulté ? Une partie des prises en charge des troubles du calcul repose encore sur les théories de Piaget, longtemps employées dans ce domaine et aujourd'hui dépassées. Les approches actuelles s'appuient sur la neuropsychologie clinique. Cette question peut être posée directement, par les parents comme par l'école. Une prise en charge fondée sur des bases dépassées occupe des mois qui auraient pu servir autrement.

Cette conception reste présente jusque dans les textes de référence. La brochure de la Fédération Wallonie-Bruxelles citée plus haut, éditée en 2012, définit la dyscalculie comme un trouble « dû à un dysfonctionnement dans le domaine de la logique, de la construction des nombres et des opérations sur les nombres ». Elle donne une mesure de l'ancrage de cette approche.

La théorie de Piaget, ce qu'elle affirmait du nombre et les raisons pour lesquelles elle a été abandonnée dans ce domaine sont exposées sur la page État de la recherche.

Qui peut faire passer le test

MathEval s'adresse aux professionnels qui reçoivent l'enfant individuellement : le centre PMS, mais aussi un logopède, un orthophoniste, un neuropsychologue ou un psychologue qui souhaite l'employer dans le cadre de son propre bilan. L'alerte part souvent de l'enseignant, mais la passation, elle, se fait en face à face, hors de la classe.

Ce que le rapport apporte à cette étape

Le rapport se remet aux parents et au professionnel qui prend la suite. Il sert à orienter l'examen qui vient : quels domaines approfondir, lesquels sont déjà en place. Ce qu'il contient est décrit sur la page Le rapport ; ses limites, du point de vue de l'école, sur la page À l'école.

Une précision d'honnêteté : les étalonnages de MathEval demandent à être actualisés — ils reposent sur des échantillons constitués il y a plusieurs années. Ils restent utiles pour situer un enfant, ce qui est l'objet d'un dépistage, mais ce sont des repères, pas une mesure de précision.

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