Accompagner l'enfant

Jouer avec les nombres à la maison

Les jeux qui font manipuler des nombres

Demander « tu sais compter jusqu'où ? », compter les marches, dénombrer des objets, jouer à un jeu de plateau avec un dé : ces activités demandent peu de matériel et prennent place dans le cours ordinaire de la journée. Elles font manipuler des quantités dans une situation où le nombre a une utilité concrète.

Un jeu précis a été étudié de près et mérite d'être connu : La grande course, un plateau rectiligne de dix cases où l'enfant énonce le numéro des cases sur lesquelles il passe.

Ce qu'on peut en attendre

Jouer apporte un bénéfice modeste, qui suffit à le justifier : c'est agréable et sans risque. Ce n'est pas un traitement.

Ne pas s'improviser professeur

Une étude portant sur des enfants de première et deuxième primaire a examiné ce qui se passe quand un parent lui-même anxieux en mathématiques aide fréquemment aux devoirs. Sur l'année scolaire, ces enfants progressent moins que les autres et deviennent plus anxieux. Quand ces mêmes parents aident peu, l'effet disparaît. Cet effet ne concerne par ailleurs que les mathématiques : en lecture, les résultats des enfants ne dépendent pas de l'anxiété de leurs parents envers les mathématiques. Cela suggère que l'on n'a pas affaire à une influence générale du parent sur l'ensemble des apprentissages scolaires de l'enfant. Une étude plus récente, menée sur un échantillon plus large (3 018 enfants, de la maternelle à la 3e primaire), n'a pas retrouvé cette dépendance à la fréquence de l'aide ; elle observe séparément un moindre progrès chez les enfants dont les parents sont anxieux et chez ceux dont les parents aident fréquemment.

Ce résultat ne dit pas qu'il faut se désintéresser du travail de son enfant. Il indique où se situe le risque : l'aide qui se transforme en leçon, chez un adulte qui a lui-même gardé un souvenir négatif de la matière, transmet surtout de l'anxiété. Quelques repères en découlent :

  • Jouer plutôt que faire réciter.
  • S'arrêter avant l'énervement, le sien comme celui de l'enfant.
  • Laisser la difficulté scolaire à l'école, et le bilan aux professionnels.
  • Éviter les comparaisons avec un frère, une sœur ou un camarade.

Sources : Maloney, E. A., Ramirez, G., Gunderson, E. A., Levine, S. C. et Beilock, S. L. (2015), Intergenerational effects of parents' math anxiety on children's math achievement and anxiety, Psychological Science, 26(9), 1480-1488 ; Poisall, M. B., Cook, O. K., Hart, S. A., Conlon, R. A., Barroso, C., Geer, E. A. et Ganley, C. M. (2026), Relations between parents' math anxiety and children's math learning: The role of homework help, Developmental Science, 29(5).

Si vous envisagez de faire passer le test vous-même

Le test est en ligne et d'accès libre : rien ne l'interdit. Trois remarques, cependant.

D'abord, faire passer le test demande plus d'attention qu'il n'y paraît : l'examinateur cote lui-même chaque réponse, au moment où elle est donnée, et certaines situations appellent un jugement — un enfant qui hésite puis se reprend, qui donne une réponse exacte à partir d'un raisonnement erroné, qui compte à voix basse avant de répondre. Le tutoriel sert à s'y préparer, et la page Déroulement d'une passation décrit chaque étape.

Ensuite, une raison étrangère à la compétence de l'examinateur plaide pour le recours à un tiers : un enfant ne se comporte pas de la même manière devant son parent, et un parent n'est pas le mieux placé pour apprécier les réponses de son propre enfant.

Enfin, l'interprétation du rapport, et surtout les suites à lui donner, relèvent dans tous les cas d'un professionnel.

Si les difficultés perdurent, le premier interlocuteur est l'enseignant. Qui intervient ensuite, dans quel ordre et ce qu'on peut attendre de chacun est décrit sur la page Vers qui se tourner.

La grande course

Le jeu de Ramani et Siegler en français, pour les 4 à 5 ans : à jouer à l'écran, ou à imprimer sur trois feuilles.