La dyscalculie
Jouer avec les nombres à la maison
Jouer avec un enfant autour des nombres lui est utile, et quelques travaux le montrent assez précisément. Ce qui l'est moins, c'est de transformer la maison en salle de classe : c'est le point sur lequel les données sont les plus nettes. Cette page dit ce que la recherche établit, ce qu'elle n'établit pas, et ce qu'il vaut mieux savoir avant de faire passer le test à son propre enfant.
Les jeux qui font manipuler des nombres
Demander « tu sais compter jusqu'où ? », compter les marches, dénombrer des objets, jouer à un jeu de plateau à dés : ces activités demandent peu de matériel et prennent place dans le cours ordinaire de la journée. Elles font manipuler des quantités dans une situation où le nombre sert à quelque chose.
Un jeu précis a été étudié de près, et il vaut la peine d'être connu : La grande course, un plateau de dix cases en ligne droite où l'enfant énonce le numéro des cases sur lesquelles il passe. Il est proposé ici en français, pour les 4 à 5 ans, à jouer à l'écran ou à imprimer : La grande course.
Ce qu'on peut en attendre
Jouer aide, un peu, et cela justifie de le faire — c'est agréable et sans risque. Ce n'est pas un traitement, et l'absence de jeux numériques à la maison n'explique pas une dyscalculie.
Le point le mieux établi : ne pas s'improviser professeur
Une étude portant sur des enfants de première et deuxième primaire a examiné ce qui se passe quand un parent lui-même anxieux en mathématique aide fréquemment aux devoirs. Sur l'année scolaire, ces enfants progressent moins que les autres et deviennent plus anxieux. Quand ces mêmes parents aident peu, l'effet disparaît. Rien de comparable n'apparaît en lecture.
Ce résultat ne dit pas qu'il faut se désintéresser du travail de son enfant. Il indique où se situe le risque : l'aide qui se transforme en leçon, chez un adulte qui a lui-même gardé un mauvais souvenir de la matière, transmet surtout l'inquiétude. Quelques repères en découlent :
- Jouer plutôt que faire réciter.
- S'arrêter avant l'énervement, le sien comme celui de l'enfant.
- Laisser la difficulté scolaire à l'école, et le bilan à qui en fait.
- Éviter les comparaisons avec un frère, une sœur ou un camarade.
Si vous envisagez de faire passer le test vous-même
Le test est en ligne et d'accès libre : rien ne l'interdit. Trois remarques, cependant.
La passation demande plus d'attention qu'il n'y paraît : l'examinateur cote lui-même chaque réponse, au moment où elle est donnée, et certaines situations demandent un jugement — un enfant qui hésite puis se reprend, qui répond juste pour une raison qui ne l'est pas, qui compte à voix basse avant de répondre. Le tutoriel sert à s'y préparer, et la page Comment ça se passe décrit en détail ce que suppose une passation.
Ensuite, il existe une raison de préférer un tiers qui n'a rien à voir avec la compétence : un enfant ne se comporte pas de la même manière devant son parent, et un parent n'est pas dans la position la plus confortable pour apprécier les réponses de son propre enfant.
Enfin, l'interprétation du rapport, et surtout ce qu'on en fait ensuite, demande un professionnel dans tous les cas.
Si les difficultés perdurent, le premier interlocuteur est l'enseignant ; vient ensuite le centre PMS en Belgique, le RASED en France, ou directement un neuropsychologue. Qui intervient, dans quel ordre et ce qu'on peut attendre de chacun est décrit sur la page Vers qui se tourner.
La grande course
Le jeu de Ramani et Siegler en français, pour les 4 à 5 ans : à jouer à l'écran, ou à imprimer sur trois feuilles.
